Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Pour ceux d'ici et d'ailleurs, nous vous souhaitons la bienvenue sur le site internet de la paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie. Elle est l'une des 20 paroisses du diocèse de Saint-Flour (département du Cantal). Elle est située dans le sud ouest du Cantal aux portes du Lot et de l'Aveyron dans une région appelée "La Châtaigneraie" non loin des grands centres spirituels que sont Conques et Rocamadour.

Retour sur les obsèques du Chanoine Claude Bouzou

Le vendredi 20 mai dernier, en l'abbatiale Saint-Césaire de Maurs, nous étions nombreux venus des quatre coins du Cantal, à venir rendre un dernier hommage au chanoine Claude Bouzou. La messe des funérailles était présidée par Monseigneur Didier Noblot, évêque de Saint-Flour. Il était entouré de nombreux prêtres du diocèse et de l'abbé Stéphane Torqueau, aumônier de l'Ecole de Gendarmerie de Tulle, représentant l'Aumônerie militaire. 

La célébration a été digne, recueillie et priante, autour des membres de la famille de Claude, bien animée par la chorale paroissiale, avec la présence de communautés religieuses, de la délégation d'Anciens Combattants et d'élus.

Après lecture de la Parole de Dieu, l'abbé Jean Cheminade, doyen de la Châtaigneraie, a prononcé l'homélie :

"Je suis le chemin"... Cette confidence de Jésus aux Apôtres, peu avant sa mort, a inspiré et balisé la vie de Claude, notre frère et notre ami. Bouleversés, oui, nous le sommes ! Il est parti si vite. Chaque mot du livre de la Sagesse que nous avons entendu sonne si juste en rapport à sa vie construite dans la main de Dieu (Sagesse 3 (1, 6, 9)). Bouleversées, la paroisse de Notre-Dame-en-Châtaigneraie et la cité de Maurs. C'est ici qu'il a vécu la dernière partie de sa vie, actif, disponible, discret, en soutien des prêtres et des laïcs, fraternel avec tous, proche de la communauté religieuse des sœurs de la Salette. Merci à Emile et Mathias qui l'ont visité dans les dernières semaines et derniers jours, accablé de la progression du mal.

Ordonné en 1967, vicaire à Massiac, Claude a désiré en 1972 se proposer de servir le diocèse aux armées. Il en parlait peu mais ce désir avait correspondu à un "appel" dans sa vie. Il avait eu un grand oncle aumônier militaire. Il en convenait : Monseigneur Pourchet avait un peu "toussé", mais bien vite il avait aussi mesuré la qualité de cet appel. Claude le rappelait : l'aumônerie militaire est la présence évangélique et pastorale de l'Eglise aux militaires, à l'Institution, aux familles, aux jeunes, où l'on retrouve les engagements habituels des pasteurs dans la catéchèse, auprès des familles, dans la vie sacramentelle, et aussi parfois, hélas, dans les circonstances dramatiques des interventions militaires. Claude aimait le milieu de l'armée, l'institution militaire, la qualité des hommes et des femmes que l'on y rencontre. 

"Je suis le chemin"... chemin de vie, chemin de vie éternelle, car "c'est ici et maintenant" qu'il faut s'accrocher aux pas de Jésus, sans jamais en perdre la trace, jusqu'au delà de cette vie terrestre. Claude a eu de grandes responsabilités : comme vicaire épiscopal dans les armées et comme aumônier général de la gendarmerie. Il parlait de trois évêques qui l'avaient marqué : Monseigneur Vanel, Monseigneur Fihey et Monseigneur Michel Dubost dont il était un ami.

A la fin de l'épiscopat dans le Cantal de Monseigneur Cuminal, Claude a souhaité réintégrer son diocèse. Vous savez son parcours, en particulier son dernier ministère comme curé, dans son pays de naissance, Fontanges, Salers, Saint-Martin-Valmeroux. Il y était heureux, proche de sa famille à Mauriac. Avant cela, il avait été, après Vic, curé de Saint-Géraud d'Aurillac. Ce ne fut pas toujours simple, après cette longue histoire d'anciennes et historiques paroisses de la ville. Heureusement, comme l'a écrit un grand journaliste : "Les murs de la séparation ne s'élèvent jamais jusqu'au ciel". Mais il restera ferme sur l'objectif et bienveillant, parfois "touché", mais jamais "coulé". Dans cette période, plusieurs catéchistes des écoles catholiques et publiques ont dit leur bonheur d'avoir travaillé avec Claude, sa gentillesse, sa bienveillance. Ai-je dit que depuis Salers, Claude avait soutenu Mauriac et la zone de Mauriac en raison des circonstances de ce moment-là et il le fit avec ses meilleures armes, l'esprit de service, la gentillesse, apprécié au total pour ses qualités humaines, sans oublier l'accueil. "S'il y a l'accueil, disait Monseigneur Maziers, dans sa retraite à Mauriac, beaucoup de choses deviennent possibles". Claude était pudique, discret, doué de discernement. Pendant ces dernières années, vécues très fraternellement dans le doyenné, combien de fois nous sommes-nous appelés pour partager, car je le savais avisé et de bon jugement. On l'a dit "modeste". Ce n'est pas le mot que je retiens, d'autant plus qu'à ma connaissance, cette notion semble absente des Evangiles. Il était "humble" selon l'esprit des Béatitudes.
 
Je dirai que la modestie est une "posture" et l'humilité est un "don" ! J'ai lu cette belle phrase de Simone Weil, la philosophe mystique : "dans le domaine de l'intelligence, la vertu d'humilité n'est pas autre chose que le pouvoir d'attention". Attentif, il l'était, car c'est toujours un décentrement. Où allait-il, de temps à autre, respirer et prier ? Au milieu des forêts, à l'abbaye de Notre-Dame-des-Neiges. Beauté et transparence du lieu et de son abbaye où avait résidé Charles de Foucauld pendant plusieurs mois.
 
"Je suis le chemin". chemin d'espérance, mais aussi chemin exigeant... Chrétiens nous le sommes, mais nous avons surtout à le devenir. Ce que Dieu attend de nous, ce sont des réponses d'Amour, des vies inspirées par l'amour et la miséricorde. L'effort et la souffrance en font parfois partie, mais jamais la souffrance pour la souffrance. Ce n'est pas l'Évangile. La vie de Jésus est une lutte incessante contre toutes les forces du Mal.
 
Dans les dernières semaines de sa vie, Claude savait que le Seigneur venait le chercher et le prendre par la main. Je suis sûr que Claude a prononcé dans le silence les paroles d'abandon, d'offrande de sa vie, et nous en sommes tous sûrs, en particulier avec Marthe sa belle-sœur, avec Françoise et la communauté de Saint Raphaël qui a veillé sur ses derniers jours.
 
Claude, près du Seigneur, veille sur nous, prie pour nous, pour ton diocèse, humble et debout, pour le jeune Evêque que le Seigneur nous a envoyé, pour les prêtres, ceux d'ici et ceux d'ailleurs qui viennent partager la mission, prie pour tous ces militaires que tu as aimé rencontrer et servir, prie pour cette belle institution de l'armée que tu aimais, prie pour ces gendarmes qui protègent nos vies et nos biens, parfois au péril de leur vie, prie pour les religieux et religieuses qui ont ce charisme d'être proches des personne âgées et des familles, et prie pour ce Cantal qui se pare en ce moment de l'éclat du printemps. Tu l'as vu éclore dans ton dernier voyage terrestre de Maurs à Aurillac. Claude, humble jusqu'au bout, rappelle-toi les mots de Saint Augustin si vrais ce matin dans cette abbatiale au coeur de la cité : "Quand Dieu couronne nos mérites, il ne couronne rien d'autre que ses propres dons ".
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