Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Pour ceux d'ici et d'ailleurs, nous vous souhaitons la bienvenue sur le site internet de la paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie. Elle est l'une des 20 paroisses du diocèse de Saint-Flour (département du Cantal). Elle est située dans le sud ouest du Cantal aux portes du Lot et de l'Aveyron dans une région appelée "La Châtaigneraie" non loin des grands centres spirituels que sont Conques et Rocamadour.

Pourquoi les sermons sont-ils si ennuyeux ?

C'est un sujet qui revient souvent dans les discussions des fidèles à la sortie de la messe dominicale. Le pape François lors de l'Angélus du 23 janvier dernier a même donné quelques conseils aux prêtres pour ajuster leurs homélies et toucher le coeur des fidèles. "Tant d'homélies - je le dis avec respect mais avec tristesse - sont abstraites, et au lieu de réveiller l'âme, elles l'endorment", a t'il indiqué. "Quand les fidèles commencent à regarder l'heure - "quand est-ce que ça va finir ?" - ils endorment l'âme", a t'il poursuivi. "Sans l'onction de l'Esprit, la prédication appauvrit la Parole de Dieu, tombe dans le moralisme ou les concepts abstraits" a prévenu le Saint-Père. Et le pape de faire une mise au point : "si un prêtre veut donner des cours, des conférences, qu'il le fasse, mais ailleurs, pas au moment de l'homélie".

Une enquête sur la perception des homélies

"Suis-je le seul à m’ennuyer souvent pendant les sermons ?" Cette question turlupinait Luc Desroches, professeur d’éloquence et de théâtre et catholique convaincu, au fil des messes auxquelles il assistait. Son problème venait-il seulement d’une déformation professionnelle ou était-il vraiment partagé par d’autres catholiques ? Pour en avoir le cœur net il a lancé une enquête en ligne en mars 2021, à laquelle plus de 10 000 fidèles ont répondu. Les résultats ont confirmé l’intuition de ce trentenaire, co-fondateur avec Alban Hachard d’une entreprise dédiée à la formation à la prise de parole baptisée Eloquence à la française : il reste des progrès à faire pour les prédicateurs.

Luc Desroches est revenu dans une vidéo Youtube le 26 janvier (voir en fin d'article) pour donner quelques clés d’analyse des résultats diffusés ces derniers mois, mais aussi pour donner des pistes et expliquer comment les prêtres eux-mêmes ont reçu l’enquête.

Un "gros problème" de message et de longueur

Certes 72% des participants affirment que l’homélie les "aide à approfondir leur foi". Mais Luc Desroches invite à "considérer les non pratiquants", pour lesquels l’homélie peut s’avérer un enjeu important : hélas, 62% d’entre eux considèrent que "l’homélie ne leur sert jamais à approfondir leur foi" (même s’ils représentent une minorité des répondants, à peine 20%). Par ailleurs pour l’ensemble des participants, 41 % sont impatients de l’homélie, 29 % n’en attendent rien et 21 % ont peur de s’ennuyer. Enfin 79 % des répondants estiment que leur capacité de concentration est inférieure à 8 minutes. "Donc si les prêtres parlent plus de 8 minutes, ils perdent plus de 80 % de l’Assemblée !" insiste Luc Desroches.

"Il y a trois principales raisons pour lesquelles les gens décrochent", récapitule le professionnel de l’éloquence en reprenant l’enquête : "la longueur, le message n’est pas clair, c’est trop infantilisant, c’est une paraphrase de l’Evangile." Autrement dit : "Il y a un gros problème sur le langage verbal, poursuit-il en le distinguant du langage vocal – "l’intonation, les silences, le rythme" - et du langage visuel – "le regard, la posture, les gestes".  "Il n’y a pas de structure, il y a des phrases parfois très longues, on s’y perd… Donc le principal axe d’amélioration c’est en amont une préparation beaucoup plus importante qui devrait être consacrée à l’homélie sur la structure, et surtout sur le message."

Prêtres et évêques peu réceptifs

Les prêtres seraient-ils prêts à faire un tel travail ? Luc Desroches raconte qu’il a frappé aux portes de 17 séminaires pour leur demander s’ils formaient à la prise de parole. Résultat : "Il y a trois séminaires qui en font : le séminaire d’Ars, le séminaire de Toulouse et le séminaire de Toulon. […] Pour tous les autres, ils m’ont répondu : "oh oui, on essaye de faire une initiation une après-midi et en fin de sixième année…" Mais ça n’est pas une formation", insiste le professeur de rhétorique, pour qui "la prise de parole en public, c’est 20% de théorique et 80 % de pratique. La seule solution, c’est la formation". Certains directeurs de séminaires lui ont répondu : "à quoi est-ce que vous voulez que ça leur serve ?" ou encore : "non ils n’ont pas le temps car ils ont déjà beaucoup d’autres matières". Ou encore "pas besoin parce que tous mes séminaristes prêchent parfaitement…"

Même son de cloche du côté de la Conférence des évêques de France (CEF). En proposant les résultats de son enquête, Luc Desroches a finalement reçu une réponse du secrétariat général de la CEF après moult intermédiaires, lui indiquant : "ce sujet ne nous intéresse pas, nous n’avons pas le temps de nous occuper de cette question malheureusement."

L’homélie est "un sujet sensible"

Pourquoi une si faible prise de conscience ? Aux yeux du co-fondateur d’Eloquence à la française, ce problème est surtout dû au fait que "l’homélie est un sujet très sensible pour les prêtres". "Un directeur de séminaire m’a dit : "c’est la croix hebdomadaire du prêtre l’homélie’’. Donc c’est un sujet sur lequel ils ne supportent pas d’entendre des remarques, d’entendre le fait qu’il faudrait s’améliorer." Il ajoute que dans son entourage, "les seuls prêtres qui me disent j’aimerais que tu critiques mon homélie, que tu m’aides à m’améliorer, sont des prêtres qui prêchent déjà extrêmement bien."

Luc Desroches évoque en revanche un grand nombre de messages reçus de fidèles pour saluer l’enquête et encourager une meilleure formation des prêtres, se disant pour 69% des répondants prêts à financer de tels projets. "C’est un sujet qui a un écho beaucoup plus important chez les fidèles que dans l’église institutionnelle." Plusieurs professionnels d’éloquence l’ont également contacté pour proposer leur collaboration dans des séminaires. Il ne leur reste donc qu’à ouvrir leurs portes. Serait-ce donc la recette magique pour remplir à nouveau les églises ? En tout cas, peu de chance qu’avec de bons prédicateurs, on les vide davantage…

Source : Famille Chrétienne

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