Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Pour ceux d'ici et d'ailleurs, nous vous souhaitons la bienvenue sur le site internet de la paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie. Elle est l'une des 20 paroisses du diocèse de Saint-Flour (département du Cantal). Elle est située dans le sud ouest du Cantal aux portes du Lot et de l'Aveyron dans une région appelée "La Châtaigneraie" non loin des grands centres spirituels que sont Conques et Rocamadour.

Noël : que reste-t-il de la messe de Minuit ?

C'est au IVe siècle que le pape Sixte III fixe la naissance du Christ le 25 décembre, jour du solstice d’hiver. Cette date marque le début du rallongement des jours et symbolise ainsi la lumière l’emportant sur les ténèbres, en référence à la prophétie d’Isaïe : "Sur les habitants du pays de l'ombre, une lumière a resplendi".

Ainsi au cœur de la nuit, on célèbre le passage des ténèbres à la lumière. Le texte d’Isaïe annonce la naissance d’un enfant "qui fera se lever une grande lumière sur le peuple". Il sera appelé "Prince de la paix".

À partir du haut Moyen-Âge apparaît alors, sans que l’on en connaisse précisément l'origine, la pratique d’une célébration nocturne dans la nuit du 24 au 25 décembre. Tout d'abord pratiquée par le pape et popularisée à Rome, elle prend le nom de messe de Minuit. 

Une tradition datant du VIIe siècle faisait de la messe de Noël une succession de trois messes : la première messe s'appelait "messe des Anges", la seconde "messe des Bergers" et la troisième "messe du Verbe divin". Ces trois messes étaient mieux connues sous le nom de "messe de Minuit", "messe de l'Aurore" et "messe du Jour". À partir du XIIe siècle, cette pratique se répand et devient l'objet de théorisation par de nombreux théologiens. Ainsi, Saint Thomas d'Aquin dans sa Somme de théologie (III, 83, 2), ou encore Bossuet dans son Catéchisme des fêtes et autres solemnitez (1698), évoquent l'image d'une "triple naissance du Christ" : sa naissance éternelle et divine, illustrée par la messe de Minuit, et sa naissance spirituelle et corporelle pour les deux autres.  

Lieu d'expression populaire

N’ayant pas de caractère obligatoire, la célébration nocturne de la Nativité n'a pourtant pas connu la même fréquentation que celle du jour, car pendant longtemps, les routes boueuses et le temps très froid encourageait peu, surtout dans les campagnes, à se déplacer au milieu de la nuit. En revanche, elle s'est révélée dans certaines régions un lieu d'expression populaire pour célébrer la joie de Noël.

En France, des représentations théâtrales ou des processions étaient régulièrement pratiquées, en référence à l'évangile de Luc : "Les bergers vinrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche" (Lc 2,16). Ainsi dans les régions ovines, comme en Picardie, les bergers faisaient irruption dans l'église accompagnés de leurs troupeaux et munis de leurs instruments. Les cérémonies étaient souvent très bruyantes, le folklore y battait son plein : flûtes, tambourins et crécelles s'en donnaient à cœur joie. Aujourd’hui encore, des animations précèdent souvent la messe de Noël dans les paroisses, particulièrement en Provence où les fameuses "pastorales" sont restées ancrées dans la culture populaire.

Une tradition en danger ?

Si la messe de Minuit est demeurée un rituel dans la célébration de Noël, sa pratique s'est beaucoup assouplie. Aujourd’hui, la messe de Minuit en paroisse n’en a souvent plus que le nom, avancée jusqu’à 18h et écourtée pour s'adapter au rythme familial. Même à la basilique Saint-Pierre, la messe papale du 24 décembre est désormais célébrée à 21h30, une mesure décidée sous le pontificat du pape Benoît XVI.

Une messe de minuit sur notre paroisse

Sur la paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie, bien entendu, les horaires ont été adaptés aussi au rythme des familles mais la tradition de la messe de minuit est toujours respectée. En effet, dans la petite cité médiévale de Marcolès, autant que les anciens se souviennent, cette messe a toujours eu lieu.

Les habitants se rassemblent à la salle polyvalente en début de soirée pour assister à une soirée théâtrale qui se termine dix minutes avant minuit afin que tout le monde puisse se diriger au son des cloches vers l'église Saint-Martin afin de fêter la nativité.

"Les curés qui se sont succédés sur la paroisse, regroupant maintenant plus d'une quinzaine de clochers, n'ont jamais remis en cause cette heure tardive de la nuit pour venir célébrer Noël avec les marcolésien(ne)s" précise Eric Régis, le responsable de la communication de la paroisse.

"Parfois, on voit même arriver des gens de l'extérieur souhaitant retrouver très certainement l'atmosphère de leur enfance. On a l'impression que beaucoup de nos concitoyens recherchent du réconfort. Ils se disent qu'à Noël, ils vont se déplacer à l'église pour voir si ça va leur faire du bien. La chorale reprend autant que possible les chants traditionnels de Noël comme "Il est né le divin Enfant", "Douce Nuit, Sainte Nuit" ou encore "Les anges dans nos campagnes"... Une messe simple sans fioritures mais tellement extraordinaire par ce qu'elle annonce ! La messe de minuit fait partie sans aucun doute de la symbolique de Noël, au même titre que le sapin, le déballage de cadeaux et le réveillon" rajoute-t-il.

 

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